Ces comptes Insta qui craquent les codes sociétaux

Les pieds et chaussures rose à talons d'une fille. Les chaussettes sont décorées avec le message "girls rule".

Plus qu’influenceuses…

Elles sont britanniques, très actives sur le web et surtout déterminées à bouger les lignes.

Certaines études qui ont évalué l’impact des réseaux sociaux sur notre bien-être numérique affirment que leur influence n’est pas toujours bonne pour le moral. Comparaison sociale, solitude, FOMO et manque de concentration sont les quatre cavaliers de la partie sombre du monde du numérique. 

Depuis quelque temps, on retrouve sur iOS et Android des applis intégrées dédiées au bien-être numérique. Ces outils indiquent le temps passé sur le smartphone, appli par appli. Histoire de mesurer son addiction. Cœurs sensibles s’abstenir. Pour le mien, le choc a été de taille. 

Même si, pour ma défense, j’utilise la plupart du temps mon smartphone pour travailler et communiquer avec mes amis les plus proches (de point de vue des affinités), mais physiquement très loin (chers GAFA, la téléportation c’est pour quand ?). 

Après de telles découvertes, on a envie soudainement de faire le ménage dans ses abonnements sur les réseaux sociaux. Ce n’est pas toujours chose facile. Mission quasi-impossible si l’on s’est abonné à des milliers des comptes sur Insta pour « faire de la veille » pour son taf. C’est à ce moment que j’ai kiffé pour la première fois dans ma vie l’algorithme d’Instagram. Après une demi-douzaine de jours où j’ai suivi uniquement les stories des comptes qui me font du bien et / ou me font grandir, l’algorithme a compris mon message. Plus que culpabiliser du temps passé en ligne, il faut se rendre compte de l’importance de devenir sélectif par rapport à ce qu’on « consomme » en terme d’information, opinion et entertainment sur Insta.

 Souvent, on n’a pas besoin d’un digital detox, mais d’une cure de good content.  C’est exactement ça que j’ai concocté pour vous : une petite liste des filles dont le compte Insta vous infusera le cerveau avec de bonnes idées et de l’énergie créatrice. 

Celle qui pense les nouvelles formes de travail 

Au revoir le slasheur, bienvenue le « multi-hyphenate » ! Emma Gannon, auteure, podcasteuse, chroniqueuse chez The Sunday Times et The Courier, a fait buzzer ce concept qui redessine la représentation qu’on avait de ceux qui choisissent de multiples identités professionnelles. 

 On pourrait traduire « multi-hyphenate » par « polyvalent », mais ce n’est pas tout à fait ça. 

Dans son ouvrage, « The multi-hyphenate method » (2018), on apprend qu’être multi-hyphenate suppose adopter un nouveau style de vie. On ne devient pas slasheur par besoin, mais multi-hyphenate par choix. La gig economy est bien et bel là. Les mutations du monde de travail vont bousculer notre façon de penser les hiérarchies et l’organisation du boulot. 

Le multi-hyphenate se prépare en avance pour tenir tète à tous ces chamboulements, mais aussi il prêt à adopter une nouvelle mentalité. Se former en continu (pour de vrai), utiliser la technologie pour atteindre ses cibles, ne pas mettre ses œufs dans un seul panier pro, cultiver plusieurs compétences dans des domaines différents… voilà ses principaux axes de développement. 

A la clé : des multiples sources des revenus pour éviter les accidents de parcours, mais aussi des multiples sources de satisfaction, pour éviter le burn-out.

 Emma insiste sur ce point : après deux décennies où ‘ne pas compter ses heures’ c’est presque devenu une mantra, on a cueillit les fruits amers de ce lifestyle. Le bien-être, si négligé, serait-il source clé d’inventivité et lucidité ? Clairement, car lorsque l’on est toujours occupé, on perd en créativité, concentration et efficacité :

« Adopter le style de vie multi-hyphenate c’est vivre une vie à l’opposée de la culture fast à laquelle on s’est habitué ». 

Emma Gannon, The multi-hyphenate method

Un des derniers chapitres du livre traite de notre relation avec l’argent. Emma pense que devenir sain financièrement signifie devenir éduqué financièrement. 

Sur Instagram, Emma poste du contenu autour de l’avenir du monde du travail, des médias et du marketing. Sa dernière chronique ? Elle parle des influenceurs CGI comme Lilmiquela (1.6 mil. abonnés) … une instagrammeuse issue de la computer generated imagery. En résumé, pas un être humain, mais un « être pixel » qui réussit à devenir authentique par son étrange différence. Ou pas ?

Celle qui pense le rapport entre les femmes et le pouvoir (et l’argent)

On retrouve la  thématique financière, fréquemment tabu, chez Otegha Uwagba, auteure, podcasteuse et brand consultant (elles sont toutes des multi-hyphenate :)). Elle prépare un livre intitulé « We need to talk about money » que j’ai hate de découvrir. 

Son premier ouvrage, « The little black book » m’a vraiment fait chaud au cœur (en fait, au cerveau) car c’est une véritable boite à outils plus qu’autre chose. Des conseils pratico-pratiques qui couvrent un large panel de problématiques : de comment contrôler son image sur internet à comment se préparer pour acquérir de nouvelles compétences tout le long de sa vie. 

C’est ainsi que j’ai découvert la plateforme Skillshare où je me forme d’une façon rapide, ludique et efficace sur des sujets super-spécifiques comme la photographie flat lay ou plus généraux comme le storytelling. 

Dans ses insta-stories, Otegha partage aussi du contenu lié à sa newsletter « Women who », une pépite hebdomadaire de ses trouvailles sur le web par rapport à la place des femmes dans le working world. Au menu de la dernière : le perfectionnisme et les multinationales qui embauchent les milléniaux en les leurrant avec des fausses promesses. S’abonner par ici.

Celle qui dit que les réseaux sociaux peuvent ruiner ta vie

Elle m’a eue dès l’introduction de son livre « Why social media is ruining your life » avec cet extrait :

« Essaye de mentionner les réseaux sociaux à n’importe quel groupe des femmes – aux mères à la sortie de l’école ou aux professionnelles dans un after-work – et tu va entendre la même chose : pourvu qu’un jour j’arrête de scroller… ». 

Katherine Ormerod, Why social media is ruining your life

Katherine Ormerod, journaliste mode, nous montre l’envers du décor de la vie d’influenceuse. Elle se retrouve invitée dans les plus belles chambres d’hôtel dans des endroits magnifiques du monde, mais cette opulence est de façade : en réalité elle ne peut même pas se permettre de réparer une de ses dents qui la fait souffrir. 

On est prévenus : il y a les fake news, mais n’oublions pas les fakes lives. La journaliste livre une analyse sincère de la quête de soi qui passe par des images très soignées, même sous le #Iwokeuplikethis.  Même si elle continue d’être présente sur les réseaux sociaux, Ormerod considère que l’âge numérique a été l’architecte de la crise de confiance en soi en ce qui concerne les femmes. 

Katherine est également bien consciente du désir des géants du tech de nous « hacker » le cerveau pour passer beaucoup de temps sur leurs plates-formes. Grâce à elle, j’ai découvert le concept de nomophobie : la peur d’être séparé de son téléphone.

Voilà, la boucle est bouclée. On est parti du smartphone et voilà où l’on est arrivé. Mon petit doigt avec lequel je swipe me dit que cet objet, en apparence  si banal, va continuer de bousculer nos habitudes. Heureusement, avec des têtes e-pensantes comme Emma, Otegha et Katherine, on pourrait trouver des méthodes pour « hacker » justement ceux qui souhaitent nous « hacker ». Avec leurs propres outils. Game on ?

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